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A notre porte

IL VOUS PRECEDE EN GALILEE.

Vers quelle Eglise allons-nous ? Comment permettre aux paroisses, dans le changement culturel que nous vivons, d'aider les chrétiens à redécouvrir le Christ et son Evangile comme une véritable nouveauté ? De nombreuses initiatives voient le jour dans les diocèses. Une équipe itinérante, qui anime des Haltes paroissiales depuis plusieurs années, raconte l'une d'elles à Bagnères de Bigorre.



« Il vous précède en Galilée. C'est là que vous le verrez » (Mt 28,7).

Une halte paroissiale n'est pas une formation, mais une démarche spirituelle communautaire. Elle est organisée avec le Curé du lieu et son équipe (EAP). Chacune est différente suivant la situation et les enjeux repérés par la communauté chrétienne locale.

AP- En novembre dernier vous êtes allé animer une Halte paroissiale à Bagnères de Bigorre. Pouvez-vous nous dire avant tout ce qu'est une halte paroissiale ?

Je vais vous raconter une histoire. Il y a déjà deux mille ans, un matin du mois d'avril, une rumeur qui bouleversait tous ceux qui l'entendaient a commencé à se propager. Un homme, un prophète puissant en action et en parole, reconnu par certains comme étant « Celui qui devait venir depuis des siècles » pour libérer le peuple d'Israël, le Christ, avait été condamné et crucifié. Mort il était maintenant déclaré vivant, car la mort n'avait pas de prise sur lui, en lui était la vie, en lui se révélait l'amour... « Il vous précède en Galilée. C'est là que vous le verrez ». La nouvelle était si inimaginable que les femmes qui l'ont transmise, au départ, n'ont pas été crues. Vous connaissez la suite. Beaucoup de témoins ont rencontré Jésus-Christ, le ressuscité, et certains ont reconnu sa présence à leur cœur brûlant pendant qu'il leur parlait.

La communauté chrétienne est née ce matin de Pâques.

 

 

La communauté chrétienne est née ce matin de Pâques. Depuis, le Christ continue à engendrer des hommes et des femmes à une vie nouvelle, et la communauté chrétienne, entraînée par l'Esprit, devient toujours davantage le levain dans la pâte d'un monde nouveau.


ANOTREPORTE-EnsembleParoissialdeBagnèresdeBigorre

 Pâques 2010 - Eglise de Bagnères de Bigorre

AP - Voulez-vous dire qu'une « halte paroissiale » a quelque chose à voir avec cette naissance, cet engendrement par l'Esprit ?

Oui, le Christ continue aujourd'hui à agir au cœur de la communauté chrétienne, il fait naître du nouveau. Une « halte paroissiale » c'est comme une loupe qui pendant plusieurs jours nous rendrait davantage attentif à l'Esprit du Christ à l'œuvre.

AP - C'est vrai, il est important de reconnaître sa présence au cœur de la communauté, de discerner comment son Esprit nous conduit. Mais beaucoup de personnes, lorsqu'elles regardent l'Eglise d'aujourd'hui, plutôt que de voir le « soleil de Pâques », voient son crépuscule. Comme dans un mouvement inexorable on regroupe les paroisses en ensembles paroissiaux, on crée des dynamiques plus larges sur les Secteurs, on centralise les services, et les églises, souvent fermées, sans messes, sans prêtres, semblent de plus en plus abandonnées. Sans compter qu'il y a de moins en moins de chrétiens et qu'ils sont plutôt âgés. Il faut beaucoup de foi pour voir l'Esprit Saint à l'œuvre !

En fait il s'agit de changer notre regard. Si Jésus-Christ, le Ressuscité, nous précède dans nos Galilées, là où nous vivons et travaillons, dans nos quartiers et communautés chrétiennes, il est important pour nous de le reconnaître. « C'est là que vous le verrez » dit l'Evangile. Souvent nous regardons l'Eglise avec les schémas du passé et nous ne voyons pas l'Eglise qui est en train de naître aujourd'hui.

Témoins d'initiatives, de manières de vivre la fraternité, qui ont la saveur de l'Evangile.

 

 

 

Dans les diverses Haltes paroissiales que nous faisons, nous avons la chance d'être souvent témoins d'initiatives, de propositions, de manières de vivre la fraternité, qui ont la saveur de l'Evangile. Cela a été le cas en novembre dernier dans l'ensemble paroissial de Bagnères-de-Bigorre, à Cieutat, à Trébons-Montgaillard. Nous ne venons pas tant apporter quelque chose que révéler ce qui est déjà là. L'Eglise, parce qu'elle est née avant tout de l'événement pascal, elle est ouverture à ce qui advient de nouveau, au Christ qui est à l'œuvre aujourd'hui.

AP - Si je comprends bien pendant une « halte paroissiale » vous prenez le temps de reconnaître ce qui est en train de naître ?

Oui, et de manière très concrète. Sur l'ensemble paroissial de Bagnères de Bigorre (2) l'EAP, avec le Père Jean-Jacques Courtade, a demandé que nous puissions prendre le temps, pendant cette halte, de nous interroger sur l'avenir de l'Eglise locale : « qu'est-ce que nous désirons vivre ensemble en Eglise », « vers quelle Eglise allons-nous ? ».

Relire ensemble les engagements pastoraux

 

 

Cela nous a conduit à animer des temps de relecture des engagements pastoraux avec nombreux laïcs en responsabilité (EAP, Service Evangélique des Malades, Catéchèse-catéchuménat, liturgie, funérailles, etc.), et ainsi d'entrer dans un discernement communautaire qui s'est déroulé à travers plusieurs haltes paroissiales sur une année. Ce discernement n'a pu se vivre que parce que la communauté chrétienne s'est engagée dans la prière et l'écoute de la Parole de Dieu : initiation à la Lectio divina, oraison guidée tous les jours, parcours biblique et approfondissement de la foi, introduction à la relecture de vie pour y reconnaître la présence du Seigneur, etc. Ces divers temps favorisent une plus grande intimité avec le Christ en demeurant dans sa Parole et aident à reconnaître son action.

Un an après, ce discernement a conduit à une nouvelle réorganisation pastorale : une autre manière de se rapporter à la messe du dimanche, une pastorale de proximité pour les sacrements qui favorise des dynamiques locales, vers des « communautés proches et fraternelles » fondées sur la prière, la Parole de Dieu, et la solidarité, « où ce qui est premier ce n'est pas le fonctionnement mais la gratuité, d'être rassemblés par le Christ », etc.

Une pastorale de proximité qui favorise les dynamiques locales

 

 

L'apport des Haltes Paroissiales est modeste mais il a permis de favoriser, avec les initiatives déjà en cours dans l'ensemble paroissial, un nouveau souffle et un véritable dynamisme qui est toujours en cours.

AP - Une communauté paroissiale a-t-elle besoin que des chrétiens viennent d'ailleurs pour l'aider ?

Quelqu'un qui vient d'ailleurs a toujours un autre regard. Cela permet souvent de reconnaître ce que nous ne voyons plus. Ce n'est pas pour rien que les Apôtres, dans les premiers temps de l'Eglise, allaient de village en village à la rencontre des communautés chrétiennes. Pas seulement pour une soirée ou deux mais pour vivre avec eux, partager leurs vies, leurs questions, leur espérance, pendant plusieurs jours.

Faire se rencontrer les « gens des maisons » et les « gens des routes »

 

 

C'est comme si l'Evangile lui-même avait besoin de la rencontre des « gens des maisons » et des « gens des routes ».

Des rencontres modestes mais heureuses où peut s'entendre le souffle ténu et silencieux de l'Evangile.

Père Frédéric Fornos, jésuite
Mme Agnès Gregoresky
Sœur Marie-Claude Lachaze

(2) Ensemble paroissial
de Bagnères de Bigorre-Cieutat-Trébons-Montgaillard.
Voir site internet des Paroisses du Haut Adour.



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